Le travail des enfants au Maroc !
Sommaire:
Introduction : Comprendre le mécanisme du travail des enfants.
I-Comment ce mécanisme est-il perçu au niveau mondial ?
a) Repères historiques
b) Types de travail
c) Qu’est ce qui pousse un enfant vers le travail (Les causes)?
d) Quelles en sont les conséquences ?
II-Comment lutter contre l’exploitation des enfants au travail?
a) Qui lutte pour la protection de l’enfance?
b) Quelles sont les limites de cette lutte ?
III-Etude d’un cas : Le travail des enfants au Maroc
a) Des statistiques
b) Quelques témoignages d’exploitation infantile.
Conclusion :
Introduction:
Dans le monde entier, 300 millions d’enfants seraient victimes de violence, d’exploitation et de maltraitance, en particulier dans le cadre des pires formes de travail. Regardons la réalité en face, plus de 250 millions d’enfants et d’adolescents de 5 à 17 ans travaillent dans le monde, parmi eux, 8 millions sont soumis aux pires formes de travail. L’abolition effective du travail des enfants est donc l’un des plus urgents défis de notre époque.
Le travail des enfants est ainsi le sujet de nombreux débats dans le monde entier. En effet un enfant qui travail est vu comme un « enfant-esclave ». Ainsi, on analysera en premier abord, ce mécanisme au niveau mondial et la lutte qui s’engage pour bâtir un environnement protecteur de l’enfance puis on s’intéressera plus précisément à l’étude du cas du Maroc.
I-Comment ce mécanisme est-il perçu au niveau mondial ?
a) Repères historiques
Les enfants on travaillé depuis l’Antiquité, principalement dans le secteur agricole et domestique. Cependant, en Europe et en Amérique du Nord, la Révolution industrielle entraîne une importante prise de conscience des conditions de travail de l’enfant qui mène progressivement à une restriction de ce travail illégal. C’est dans ce contexte que fût enfin votée le 22 mars 1841 la loi limitant l’âge minimum d’accès au marché du travail.
Dans les pays actuellement en cours de développement, ce n’est qu’à partir du XXe siècle qu’une véritable prise de conscience s’opère en faveur des petits travailleurs. Les accidents dans les usines et les explosions dans les mines causent de nombreuses victimes attirant ainsi l’attention d’un public choqué.
Les œuvres de Charles Dickens et d’Émile Zola, témoins de cette désastreuse situation ont un certain retentissement sur l’avis public.
b) Types de travail :
Des différences considérables existent entre les différents travaux qu’exécutent les enfants. Certains sont lourds de conséquences, difficiles et harassants, d’autres beaucoup plus dangereux, voire moralement répréhensibles. Les enfants sont contraints d’effectuer toutes sortes de travaux dans une large gamme de tâches et d’activités. On peut en citer les principales :
1. Dans le secteur agricole : Plus de 70% d’enfants travailleurs le sont dans l’agriculture qui est en termes de perte de vie, d’accidents et de maladies professionnelles, l’un des trois domaines industriels les plus dangereux (dont les mines et la construction).
2. Les enfants soldats: Le nombre d’enfants engagés dans des conflits armés a fortement progressé au cours de la dernière décennie. En 2001, selon les estimations de l’Organisation Internationale du Travail environ 300,000 enfants sont enrôlés dans les unités armées à l’échelon mondial, dont 120,000 en Afrique.
3. L’exploitation sexuelle des enfants : Elle est considérée comme étant une violation grave des droits des enfants et des adolescents et une forme d’exploitation économique similaire à l’esclavage et aux travaux forcés.
4. Travail domestique des enfants : Les enfants qui travaillent dans le domestique sont du nombre de 66000 à 88000 dans le monde entier. Ces derniers sont amenés de force par leurs parents dans des domiciles où la condition de vie est pitoyable. L’enfant est ainsi transformé en source de rente familiale, en victimes de maltraitance contraignante et inadmissible alors que la misère accroît leur souffrance, et leur désespoir.
c) Qu’est ce qui pousse un enfant vers le travail ?
Des causent multiples poussent un enfant vers le travail dont voici l’inventaire :
1. La pauvreté pousse les enfants à devenir assez tôt économiquement actif et à rejoindre la main d’œuvre infantile. Elle peut néanmoins se rattacher d’une manière plus général, à une situation où le revenu familiale ne suffit pas à couvrir les dépenses, d’où la nécessité de trouver une alternative. Par ailleurs, la pauvreté au sens large du terme crée un contexte dans lequel les familles cherchent des moyens de survis dont celles de faire travailler leurs enfants .
2. Le statut des jeunes filles : Elles sont particulièrement vulnérables dans les communautés où elles ont un statut inférieur que les enfants de sexe masculin. Ainsi on leur incombe des responsabilités spécifiques envers la famille dont celle de travailler pour gagner de l’argent afin que les garçons de la famille puissent être scolarisés.
3. L’analphabétisme et l’ignorance des familles : Il existe de nombreuses formes de travail des enfants où l’ignorance des personnes sensé protéger les enfants est un facteur de risque
4. Manque d’infrastructure défavorise l’accès à la scolarisation. Cela est dû, soit au fait que l’école soit trop loin et la route trop ardue, soit que les frais de déplacement sont trop couteux.
d) Quelles en sont les conséquences ?
Le travail des enfants regroupe l’ensemble des activités qui les privent en général de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental. Il fait référence donc à des :
§ Travaux dangereux pour la santé et le développement physique, social ou mental des enfants;
§ Travaux qui compromettent leur éducation;
§ Activités qui les contraignent à abandonner prématurément l’école;
Dans ses formes les plus extrêmes, le travail des enfants concerne les enfants réduits en esclavage, séparés de leur famille, exposés à des risques et des maladies graves, et livrés à eux-mêmes dans les rues des grandes agglomérations, souvent dès leur plus jeune âge.
II-Comment lutter contre l’exploitation des enfants au travail?
a) Qui lutte pour la protection de l’enfance?
Dans un premier temps, ces actions de lutte contre le travail des enfants incluent la sensibilisation de l’opinion publique par plusieurs moyens qu’on peut résumer comme suit:
a) Susciter une prise de conscience sur la question du travail des enfants
b) Inciter les Etats à ratifier les conventions et appliquer lois existantes relatives au travail des enfants
c) Mobiliser les ressources nationales et internationales nécessaires à l’accès de tous les enfants à l’éducation
d) Exiger l’élimination immédiate des formes les plus intolérables du travail des enfants
e) Inciter les employeurs et les consommateurs à agir en la faveur de ces petits travailleurs
f) Assurer la réhabilitation et la réintégration des jeunes travailleurs
Depuis quelques d’années, cette lutte contre l’exploitation des enfants est devenue un combat féroce des diverses associations, des multiples organismes internationaux qui cherchent à protéger l’enfance et à réduire la souffrance dans le monde. Comment ont-ils procédé ? Quels en sont les conséquences ?
Tout d’abbord, dans les pays développés, depuis les années 1980, les ONG, les syndicats et d’autres associations se sont mobilisés pour révéler et dénoncer les conditions de travail d’enfants. Ils utilisent différents outils: pétitions, campagnes d’opinion, affiches, Internet. Tout cela dans le but attirer l’attention des médias, le point culminant ayant sans doute été la marche mondiale contre le travail des enfants en 1998. . Dans le but de rassembler ces efforts, l’OIT a mis sur pied en 1992 le programme « Programme international pour l’abolition du travail des enfants »), visant en prioritél’abolition des pires formes de travail, celui des filles et des enfants de moins de 12 ans.
Dans les pays en cours de dévolopement, cette lutte internationale n’eût qu’un faible impact affectant qu’une minorité d’enfants. Cependant, une initiative plus récente fise à sensibiliser les employeurs de l’impact de ce travail sur l’ensemble de la société; ce sont les syndicas d’enfants.
b) Quelles sont les limites de cette lutte ?
Malgré les mobilisations et les efforts à l’échelle mondiale afin de protéger et de promouvoir les droits de tous les enfants, l’évolution de ces droits augmente lentement ou stagne dans quelques pays, en particulier le droit à une éducation et une scolarisation gratuite. L’objectif le plus important est loin d’être accompli. En effet, les mentalités des parents dans les pays du tires monde restent souvent favorables pour l’exploitation des enfants surtout dans les milieux ruraux où la pauvreté est fortement présente et où les parents ne voient pas de meilleures alternatives
Le changement vers l’abolition de ce type de travail illégal se heurte à plusieurs obstacles : d’une part, l’ampleur du phénomène est telle que les quelques actions médiatisées n’est rien par rapport aux centaines de milliers d’ateliers, d’exploitations agricoles concernées. Les ONG tant internationales que locales dénoncent, d’autre part régulièrement des problèmes de corruption et d’inertie politique maintenant ce même système inégalitaire.
III-Etude d’un cas : Le travail des enfants au Maroc
a) Des statistiques
Le travail des enfants, on en parle, on lui consacre une journée le 12 juin, mais beaucoup reste à faire. Sur le plan législatif, le Maroc a franchi d’importants pas en matière de lutte contre le travail des enfants, mais le problème des lois au Maroc, c’est qu’elles ne sont pas toujours appliquées .
Les statistiques de l’enquête nationale sur l’emploi élaboré en 2000 (les plus récentes) ont donné la répartition suivante des enfants travailleurs :
· 600 000 enfants âgés entre 7 et 15 ans travaillent, soit 11 % de cette tranche d’âge.
· 58 % de garçons et 42 % de filles.
· 800 000 enfants de 7-15 ans sont inactifs ( ne sont ni à l’école ni au travail), soit 14,5 % de cette tranche d’âge, 28 % de garçons et 72% de filles.
· 87 % des enfants travailleurs sont des ruraux.
· Un enfant rural est 6 fois plus exposé au travail qu’un enfant urbain.
· Les enfants travailleurs se répartissent selon les secteurs d’activité suivants :
1. Agriculture : 84 % (54 % de garçons et 46 % de filles)
2. Textile : 6 %
3. Commerce : 3 %
4. Travail domestique : 2 %
5. Réparation 1 %
6. Autres : 4 %
· Uniquement 12 % des enfants qui travaillent fréquentent au même temps l’école.
(Source : Enquête nationale sur l’emploi, module enfant)
Afin de lutter contre ce phénomène dont les conséquences sur la société sont de plus en plus préoccupantes, le gouvernement marocain a pris un certain nombre de dispositions dont la ratification de conventions internationales visant l’interdiction du travail des enfants et l’harmonisation de la législation nationale avec les principes des conventions internationales relatives au travail des enfants. Dans ce cadre, on peut souligner que le nouveau code du travail a relevé l’âge minimum d’emploi à 15 ans.
b) Quelques témoignages d’exploitation infantile.
Premier témoignage:
Dans la province de Khénifra, au pied des montagnes du Moyen Atlas, Mustapha, 14 ans, garde une vingtaine de moutons pour aider sa famille. Le visage bruni par la chaleur et buriné par la fatigue, il passe le plus clair de son temps seul avec son troupeau. Chaque jour, du lever au coucher du soleil, il parcourt plusieurs kilomètres à pieds, à la recherche d’un pâturage devenu rare à cause de la sécheresse. “Pour m’amuser, j’invente plein d’histoires dont je suis le héros”, susurre-t-il avec une moue timide. Par moments, il écrit, efface et réécrit à plusieurs reprises son prénom avec le bout d’un bâton aussi chétif que lui. Il répète plusieurs fois cet exercice. “C’est pour passer le temps”, lance-t-il, le sourire triste. Si Mustapha parvient à écrire quelques lettres en plus de quelques chiffres, c’est parce qu’il y a près de trois ans, des membres d’une association locale (Oued Srou) ont fait l’effort de venir dans ces contrées éloignées. Pendant des mois, grâce à un don octroyé par International Programme for the Elimination of Child Labor (IPEC/Maroc), ils ont suivi des enfants bergers dans leur périple quotidien, tentant de leur apprendre à lire et à écrire sous des tentes transformées en écoles ambulantes. Mustapha se rappelle : “C’était la première fois que j’étudiais et je n’oublierai jamais ce que j’ai appris même si cela ne me sert pas à grand-chose.” Sa sœur aînée, Zahra (15 ans), n’a pas eu cette chance, révèle Mustapaha comme pour montrer sa supériorité. Son occupation à elle, c’est le ramassage du bois et les travaux ménagers auprès de sa mère. IPEC est un programme du Bureau international du travail (BIT) visant l’éradication du travail des enfants. Actif au Maroc depuis juin 2001, il permet aux associations de mener des projets pilotes de lutte contre le travail des enfants.
Deuxième témoignage:
Amina a 18 ans et vient d’accoucher. Elle travaille depuis l’âge de 15 ans. Elle a eu un certain nombre d’employeurs dont le dernier à Casablanca, où la maîtresse de maison a décrété qu’Amina ne devait pas rester plus longtemps, craignant qu’elle ne cause des problèmes de type “romance” en vivant sous le même toit que ses fils. De l’avis d’Amina, son père avait quelque chose en tête lorsqu’il a décidé de l’envoyer travailler pour de bon: l’argent. Il utilisait en partie le revenu d’Amina pour financer la scolarité de ses frères, puis la compensation à verser pour leurs futures épouses. Il ne s’est jamais soucié de son bien-être. Elle dit qu’elle ne fera jamais de sa fille une bonne.
Conclusion:
Le monde entier s’est mobilisé contre le travail des enfants, et des efforts important ont été déployés par tous les acteurs (Gouvernements, ONG, Organisations internationales, acteurs du secteur de l’emploie, Média etc.) pour s’attaquer à ce problème d’une manière globale et soutenue.
Pour améliorer la situation, est-il réaliste d’interdire complètement cette pratique ou faut-il plutôt miser sur la défense des petits travailleurs ? Le débat est ouvert !
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Publié dans Divers